IA voyage : 39 % refusent, qui sont-ils ?

IA voyage : 39 % refusent, qui sont-ils ?

12 juin 2026 2 min de lecture
39 % refusent l'IA voyage, un refus social structuré (retraités 54 %). Office de tourisme, agence, papier : comment servir ce tiers du marché.
IA voyage : 39 % refusent, qui sont-ils ?

On parle beaucoup des 38 % de familles qui utilisent l'IA pour préparer leurs voyages. Les 39 % qui la refusent, soit presque autant, méritent autant d'attention. Le marché du voyage famille n'est pas en transition vers le tout-IA : il est polarisé, et le bloc réfractaire est aussi massif que le bloc adopteur. Pour un acteur établi, agence, office de tourisme ou tour-opérateur, c'est une donnée stratégique de premier plan, pas un détail résiduel.

Un refus socialement structuré

Le refus n'est pas une opinion individuelle dispersée : il suit des lignes sociales nettes. Il culmine chez les retraités (54 % de refus), les personnes sans activité professionnelle (50 %), les employés et ouvriers (43 %). Par âge, la progression est régulière : 23 % de refus chez les moins de 30 ans, 30 % chez les 30-39 ans, 38 % chez les 40-49 ans, 41 % chez les 50-59 ans, et 54 % au-delà de 60 ans.

La convergence est claire : âge élevé, CSP populaire, sortie de la vie active. Le dénominateur commun n'est pas un rejet idéologique de la technologie, c'est l'absence d'usage professionnel de l'IA. Qui ne l'utilise pas au travail ne la mobilise pas pour ses vacances. Le refus est un effet de structure, pas un caprice.

À qui font-ils confiance ?

Les réfractaires ne naviguent pas dans le vide informationnel : ils s'appuient sur des canaux identifiés, et certains sont sur-pondérés par rapport à la population générale. L'office de tourisme recueille 16 % de leur confiance contre 10 % en moyenne ; l'agence de voyage 11 % contre 7,5 %. Chez les plus de 60 ans, l'office de tourisme atteint 23 % et l'agence 13 %. La recommandation par un proche reste leur premier repère (52 %), au niveau de la moyenne nationale. Et la brochure papier conserve un usage massif, jusqu'à 43 % chez les retraités.

Parts de refus et d'utilisation de l'IA voyage par profil

Servir, pas convertir

Le réflexe à éviter serait de traiter ce public comme une cible de conversion en retard. Ce n'est pas un segment à convaincre d'adopter l'IA : c'est un segment à servir avec d'autres outils. La pression d'industrialisation tout-numérique risque mécaniquement de l'éloigner de l'offre touristique standard. Les conséquences sont opérationnelles :

  • Les médias print, les salons et foires, la radio voyage gardent une utilité structurelle pour 35 à 40 % du marché. Le budget papier-radio n'est pas obsolète pour cette cible.

  • Pour les offices de tourisme, le bon arbitrage est le double canal assumé, digital et papier, plutôt que la fuite en avant ultra-digitale qui aliénerait le segment senior.

  • La production de brochures imprimées segmentées (famille seniors, famille handicap) reste un levier d'attractivité, pas un héritage à liquider.

La lecture d'ensemble est la suivante : sur ce marché, le risque n'est pas tant de rater le virage IA que de le prendre trop vite et trop seul. Continuer à adresser un Français sur trois avec des outils qu'il refuse rapporte peu ; il y a là un enjeu réel de préservation de la clientèle, qu'une modernité trop pressée tend à perdre de vue.

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