ChatGPT entre dans le jeu : 60 % de potentiel d'adoption IA, comment se positionner ?

ChatGPT entre dans le jeu : 60 % de potentiel d'adoption IA, comment se positionner ?

11 juin 2026 3 min de lecture
60 % de potentiel d'adoption IA et 68 % des usagers génèrent leur itinéraire seuls. Comment les intermédiaires voyage doivent se positionner.
ChatGPT entre dans le jeu : 60 % de potentiel d'adoption IA, comment se positionner ?

Un marché à 60 % de potentiel, à 24 mois

L'adoption de l'IA pour préparer un voyage atteint déjà 38 % d'utilisateurs déclarés (ChatGPT 29,6 %, Gemini 5,7 %, Claude 2,3 %, Perplexity 1 %), auxquels s'ajoutent 22,1 % d'intéressés à court terme. Le potentiel adopté plus court terme dépasse donc 60 % du marché, face à 39,3 % de réfractaires affichés. La lecture stratégique est froide : la bascule ne se joue pas à cinq ans, elle se joue à vingt-quatre mois. S'en tenir aux seuls utilisateurs actuels reviendrait à sous-estimer d'un tiers le mouvement en cours.

La substitution vise le cœur du métier

Le danger n'est pas l'adoption en soi, c'est l'usage. Parmi les utilisateurs IA, 67,5 % s'en servent pour créer un itinéraire personnalisé. C'est exactement le métier central du travel planner et du tour-opérateur traditionnel : la substitution fonctionnelle est directe, pas analogique. Viennent ensuite trouver des activités enfants (44,9 %) et comparer des destinations (39,3 %), deux autres prestations historiques de l'intermédiation. Ces trois usages mordent frontalement sur la valeur ajoutée que l'agence facturait jusqu'ici.

La consolation est réelle mais étroite : seuls 2,3 % choisissent l'IA comme acteur de confiance numéro un. Le passage à l'acte d'achat reste humain (bouche-à-oreille, agence) ou plateforme (Booking). L'IA conçoit, elle n'exécute pas encore. Mais l'histoire récente du numérique montre que la couche de conception capturée précède de peu la couche transactionnelle.

Adoption de l'IA dans le voyage en famille

Défense et offensive

Deux mouvements s'imposent en parallèle. En défense, intégrer une couche IA dans son propre processus avant que la concurrence ne vienne du LLM seul : sourcing de destinations, génération d'un brouillon d'itinéraire, traduction multilingue. Le format gagnant des prochains mois est probablement le brouillon IA plus finition humaine, qui rend du temps au conseiller sans lui retirer la main sur la valeur.

En offensive, se spécialiser sur ce que l'IA ne fait pas :

  • la décision en situation de doute, quand le client veut un avis tranché et engageant ;

  • la validation terrain des prestataires et la fiabilité contractuelle ;

  • la gestion de la non-conformité pendant le séjour, le repérage et l'assistance humaine.

À l'inverse, traduire sur place ne mobilise que 8,5 % des utilisateurs et préparer la valise 19,3 % : ces usages périphériques ne menacent pas le métier et appellent peu d'effort défensif. Trouver des restaurants (21,6 %) se situe à mi-chemin, utile mais peu différenciant. La hiérarchie des usages dessine ainsi une frontière nette entre ce qui se substitue au conseiller (concevoir, sélectionner, comparer) et ce qui reste un service d'appoint. C'est sur cette frontière que se joue l'allocation des ressources : concentrer la défense sur les trois usages cœur, laisser de côté les usages périphériques.

Ce que cela dit du métier

La fracture ne sépare pas les intermédiaires qui adoptent l'IA de ceux qui la refusent, mais ceux qui la cantonnent à la conception de ceux qui se replient sur l'exécution et la garantie. Le travel planner qui vend un itinéraire perd contre un outil gratuit qui en produit un en trente secondes. Celui qui vend la certitude que le séjour se passera comme prévu vend ce qu'aucun modèle ne signe encore : une responsabilité.

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